Ambassadeurs de la semaine d'accueil à Ottawa 2025

Shaida Jamani-Lakhani

La bonté de Shaida Apa

En Afghanistan, le terme « Apa » est une façon respectueuse de s’adresser à un aîné. Le respect et la gratitude que Razmohammad Nazari et sa famille éprouvent pour Shaida Apa (Shaida Jamani-Lakhani) sont incommensurables.

« Shaida Apa est une personne très gentille et digne », déclare Razmohammad. « Depuis le premier jour où elle nous a accueillis à l’aéroport le 5 juin 2024, elle nous a accompagnés dans toutes les étapes de notre vie et nous a énormément aidés ».

Pour Razmohammad, sa mère et ses quatre jeunes frères et sœurs, le voyage vers le Canada depuis l’Afghanistan a été long et semé d’embûches. En 2018, ils ont voyagé pendant un mois jusqu’à la frontière turque, Razmohammad portant souvent son frère de quatre ans sur ses épaules. Leur père étant décédé, à seulement 15 ans à l’époque, il était devenu l’homme de la famille.

« Jour et nuit, nous avons marché, et ce n’est qu’occasionnellement que nous avons eu une voiture pour nous transporter », se souvient Razmohammad. « Parfois, nous ne croyions pas que nous pourrions sortir sains et saufs ».

La vie en Turquie a été difficile pour la famille.  Razmohammad n’a pas pu y étudier car il devait travailler pour subvenir aux besoins de sa famille.

La famille Nazari a été accueillie au Canada dans le cadre du programme Focus Humanitarian Assistance (FOCUS), qui soutient la réinstallation de réfugiés déplacés en raison de troubles civils, de conflits ou d’autres causes. FOCUS a été créé en 1994 par la communauté ismaélienne sous l’égide de Son Altesse l’Aga Khan.

« Depuis le tout premier jour où nous avons fait la connaissance de notre chère Shaida Apa, elle nous a traités avec beaucoup d’équité, d’honnêteté et de gentillesse », déclare Razmohammad.

Shaida Lakhani a aidé la famille dans son parcours d’installation de plusieurs façons. Elle les a aidés à trouver un appartement, à obtenir leur carte d’identité, à ouvrir un compte bancaire, à obtenir une carte d’assurance maladie et à inscrire les cinq enfants à l’école. Elle a contribué à ce que Razmohammad et sa sœur, Shamshad, trouvent un emploi. Elle a également inscrit et payé une formation pour que Shamshad puisse se qualifier pour travailler dans un salon de beauté, réalisant ainsi son rêve de toujours.

« Elle nous a souvent conduits là où nous avions besoin d’aller et nous a aidés à accomplir toute une série de tâches », ajoute Razmohammad. « Elle a même parfois dépensé son propre argent pour nous acheter différentes choses, comme de la nourriture ».

Razmohammad se souvient d’une journée particulièrement difficile peu après son arrivée à Ottawa. « Je ne connaissais pas les nombreuses règles et réglementations de ce nouveau pays et j’ai rencontré un problème avec les transports publics », explique-t-il. « J’ai demandé de l’aide à Shaida Apa, qui s’est présentée immédiatement ».

Récemment, elle a également aidé la famille à négocier un bail pour un appartement abordable.

« Lorsque je suis arrivée au Canada en tant que réfugiée ougandaise en 1972, j’ai décidé d’aider partout où je le pourrais », explique Shaida. Elle a rejoint la communauté de l’établissement en tant que bénévole en 2006 et fait partie de l’équipe FOCUS de bénévoles de la communauté ismaélienne canadienne depuis plus d’un an.

« Les Nazaris sont une belle famille », remarque Shaida. « Ils ont connu tant de bouleversements dans leur vie. La mère les a bien élevés. Ils sont très respectueux et ont une forte éthique de travail. J’ai été incroyablement heureuse de les rencontrer, d’apprendre leur histoire et la façon dont un oncle les a aidés à venir au Canada ».

« Cela me réconforte d’aider quiconque a besoin d’aide », déclare Shaida. « J’ai appris cela de ma mère en Afrique. Je l’ai vue distribuer de bons repas à des personnes vulnérables. J’aime ce travail. Grâce à ma propre expérience, je peux les aider à commencer une nouvelle vie au Canada ».

En 2017, elle a pris sa retraite après une carrière de 30 ans dans la finance. « Je savais que c’était le type de travail que je voulais faire à la retraite », ajoute-t-elle. « Je leur rends visite régulièrement et je les vois à la mosquée. Ils savent qu’ils peuvent m’appeler à tout moment ».

Elle est manifestement fière des réalisations de Razmohammad et de ses frères et sœurs. Le jeune homme de 22 ans concilie ses obligations familiales, ses études dans une école secondaire pour adultes et son emploi chez Shopper’s Drug Mart. « Son patron est très content de lui », affirme Shaida. Un frère plus jeune a récemment participé à une compétition sportive à Québec, où il a remporté une médaille.

La famille Nazari estime que l’on ne rencontre qu’une fois dans sa vie une personne aussi gentille et avenante que Shaida Apa. « Nous la considérons comme un ange sur terre et nous sommes chanceux de la connaître », conclut Razmohammad. « Si je pouvais écrire un livre intitulé La bonté de Shaida Apa, il me faudrait d’innombrables pages et beaucoup de temps avant de le terminer ».