Ambassadrice: Khatima Louaya
nominateu: Ruth Yaka Milenda

Bâtir un meilleur avenir pour le Canada

Ruth Yaka Milenda, une demandeuse d’asile de la République démocratique du Congo, n’oubliera jamais la première visite de Khatima Louaya dans son humble appartement. « Même si nous n’avions pas de meubles, Khatima s’est assise par terre pour discuter avec nous de nos besoins » dit Ruth. « Cela m’a tellement touchée. Elle m’a aidée à trouver des meubles et d’autres biens de première nécessité. Chaque fois que je l’appelle, elle est là pour moi, même si c’est juste pour me référer vers un certain type de service dont j’ai besoin. » 

Ruth est arrivée à Ottawa en 2016 avec ses deux filles et sa sœur. Initialement elles habitaient dans un refuge et ont été présentées à Khatima par une assistante sociale. 

Khatima a immigré au Canada il y a de nombreuses années. Au Maroc, elle était avocate, mais elle a changé de carrière dans son nouveau pays. Elle travaille pour le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), le conseil public de langue française d’Ottawa. Le CEPEO offre des services et des programmes aux étudiants nouvellement arrivés, mais aussi à leurs familles. 

Une fois par semaine, Khatima visite les refuges locaux pour évaluer les besoins des familles de nouveaux arrivants. Elle donne des informations aux familles sur les options disponibles concernant les appuis et services communautaires. Les étudiants et leurs familles peuvent aussi la rencontrer à son bureau.  

« Khatima fait son travail avec amour et passion » fait remarquer Ruth. « Elle se met à la place des autres. Chaque fois que je voulais pleurer parce que je me sentais perdue, elle a trouvé les mots pour me réconforter. Elle me disait qu’elle comprenait ce que je ressentais parce qu’elle aussi elle a connu ces sentiments comme nouvelle arrivante. Elle m’a dit de garder ma tête haute et que les choses s’amélioreraient. » 

« Khatima se met à ma place, me rappelle de tous les détails et, le plus important, elle partage sa propre trajectoire d’immigration » souligne Ruth. Khatima m’a raconté comment elle a dormi par terre ses premières nuits passées au Canada. 

« Elle m’encourage et me rassure » ajoute Ruth. Quand Ruth a inscrit ses filles à l’école, Khatima l’a rencontrée là, pour répondre à ses questions et la guider. Lors de la première visite de Ruth chez Khatima, elle a remarqué qu’il n’y avait pas de rideaux et a pensé que ce n’était pas très sécuritaire pour une maison où vivaient quatre femmes. Elle s’est vite arrangé pour acheter des rideaux. 

Les deux femmes se souviennent d’une journée passée à courir d’un service à l’autre avec la voiture de Khatima. « J’ai dit à Ruth qu’un jour ce serait elle qui me trimbalerait dans sa propre voiture » se souvient Khatima. « Un nouvel arrivant démarre souvent avec moins que rien, alors je leur ai dit que j’étais arrivée dans ce pays avec une boite et avais reçu beaucoup d’aide d’autres personnes. Malgré tout, j’essaye de réassurer les nouveaux arrivants comme Ruth en leur disant qu’ils doivent toujours garder espoir, être persévérants et avoir la volonté de réussir. »  

Maintenant Ruth a sa propre voiture et a trouvé un emploi permanent. « Son histoire peut en inspirer d’autres » ajoute Khatima. « Je l’ai aidée dans les différentes étapes, mais c’est le travail acharné de Ruth qui a fait qu’elle a réussi. Elle s’est bien intégrée, elle a même adopté l’accent canadien français. » 

« Khatima m’a encouragée moi et ma sœur à nous intégrer à la communauté francophone d’Ottawa et à participer aux activités culturelles de la communauté locale » explique Ruth.  

Après leurs premières luttes, Ruth et sa famille ont trouvé une stabilité et elles doivent cela en grande partie à l’aide reçue de la part de Khatima. Les deux sœurs sont retournées sur les bancs d’école pour une formation professionnelle. « Nous avons une maison et ma sœur et moi avons un emploi à temps plein » ajoute Ruth.  

Ruth sourit fièrement alors qu’elle pense aux accomplissements de ses deux filles « Elles se sont bien adaptées et sont parmi les meilleurs étudiants de l’École secondaire de LaSalle » dit-elle. Une des filles est dans le programme de musique et l’autre dans celui d’athlétisme. « Elles se sentent très confortables ici. » 

Ruth devient soudainement sérieuse quand elle raconte comment une de ses filles pleure quand elle pense à l’éventualité de devoir retourner dans son pays d’origine, « elle a des amis ici et elle aime vraiment ce pays » ajoute Ruth. Bien que leur demande d’asile initiale ait été rejetée, elles ont récemment déposé une demande pour rester ici pour des motifs d’ordre humanitaire. 

Khatima la réconforte et lui assure que tout ira bien. « L’histoire de Ruth est un succès » dit Khatima. « Elle a un emploi permanent et est très intégrée dans la communauté. Elle a un réseau d’autres nouveaux arrivants. C’est une femme forte qui travaille extrêmement dur et fait tellement pour sa famille. Elle a la motivation de réussir et de partager avec les autres également. 

« J’ai vécu de la violence physique en République démocratique du Congo » raconte Ruth. « Maintenant pour la première fois, je me sens en sécurité. J’adore travailler avec les enfants et je veux continuer ma vie ici. » 

Khatima pense que de plusieurs façons le Canada est le meilleur pays où être un nouvel arrivant. « Je donne aux nouveaux arrivants parce que je sais qu’une femme comme Ruth, ultimement, donnera aux autres et que grâce à sa contribution elle aidera à bâtir un meilleur avenir pour nous tous » conclut Khatima.