Ambassadrice : Dr. Rouba Fattal
nominateu: Shoq Sulaiman

Vous êtes chez vous maintenant

Quand la crise des réfugiés syriens a commencé en 2015, Dre Rouba Fattal, qui avait émigré de Syrie il y a 25 ans, savait qu’elle devait s’impliquer pour aider les réfugiés de sa patrie d’origine. « J’étais membre du Club Rotary d’Ottawa et je suis allée voir notre président pour voir s’il pouvait faire quelque chose et il a tout de suite dit oui » se souvient Dre Fattal. 

Le Club Rotary a vite établi un partenariat avec la Cathédrale Christ Church, signataire d’une entente de parrainage. Ils ont récolté en deux mois environ 73 000 dollars pour parrainer deux familles grâce au Programme mixte des réfugiés désignés par un bureau des visas (RDBV) du gouvernement fédéral. 

Il y a eu une grande agitation quand ils ont appris qu’une famille syrienne de six personnes arriverait en février 2016. 14 bénévoles ont tout préparé pour leur arrivée. 

Elle était la seule membre du groupe qui parlait arabe et se souvient ce que ça fait d’arriver au Canada sans parler un mot d’anglais. Ça lui donne encore la chair de poule quand elle pense à cette journée. « J’ai rejoint d’autres membres du groupe pour accueillir la famille Sulaiman » explique-t-elle. « Ils paraissaient tous très moroses, fatigués, confus et désorientés. Je me suis approchée d’eux et ils m’ont demandé s’ils allaient à un hôtel ou s’ils continuaient leur voyage. J’ai répondu non, vous êtes chez vous maintenant. » 

Shoq Sulaiman, la mère, se rappelle avoir eu peur parce que c’était un nouveau pays, une culture différente et qu’elle ne connaissait personne. « Je ne savais pas ce que le futur nous réservait » dit-elle. « Les deux premiers mois ont été très difficiles. » 

Alors que certains dans le groupe s’occupaient des finances, du logement et d’autres questions, Dre Fattal a été plus impliquée dans les activités quotidiennes puisqu’elle traduisait en arabe toutes les instructions pour la famille. « Je leur ai tout expliqué sur les cartes d’identité, le RAMO, les comptes de banque et les rendez-vous médicaux » dit le Dre Fattal. « Ma gorge me faisait mal à la fin de chaque journée tellement je parlais. » 

Elle est devenue un appui majeur pour la famille « quand leur fille a eu le croup, ils m’ont téléphoné à deux ou trois heures du matin, et je l’ai emmenée à l’hôpital » se souvient Dre Fattal. 

Dre Fattal et Shoq rigolent maintenant quand elles se remémorent une des pires journées, environ un mois après l’arrivée de la famille. Une des filles était chez la gardienne pendant que Shoq prenait son cours d’anglais et que le mari avait un rendez-vous chez le dentiste. Dre Fattal était au travail à l’Université d’Ottawa. Quand Shoq est arrivée pour récupérer sa fille, elle s’est perdue, toutes les maisons se ressemblaient et elle n’avait pas de cellulaire. Elle pleurait dans la rue, quand une conductrice s’est arrêtée pour lui demander si elle pouvait l’aider. Shoq avait le numéro de Dre Fattal sur un petit bout de papier. La femme l’a appelée et Dre Fattal est partie récupérer Shoq et sa fille. À cause du retard, personne n’était présent pour accueillir les autres enfants à la sortie du bus scolaire donc ils ont été ramenés à l’école. Les enfants les plus âgés étaient bouleversés car ils pensaient que leurs parents les avaient abandonnés. Le mari s’est aussi perdu en revenant en bus de son rendez-vous. « C’était une journée de chaos » se souvient Dre Fattal. « On a passé tellement de temps à tout remettre dans le bon sens. J’étais honorée d’être capable de les aider et de les rassurer sur le fait que tout allait bien. » 

Deux ans après, Shoq est au niveau 3 d’anglais et son mari a atteint le niveau 4. Il travaille pour une compagnie de construction de patios et clôtures et comme chauffeur Uber. Shoq travaille en vendant des desserts syriens au marché fermier de Carp les samedis. « Un gestionnaire de Farm Boy a essayé son dessert une fois et lui a dit qu’elle devrait le vendre au marché fermier de Carp » raconte Dre Fattal. 

Quand Shoq a dit à Dre Fattal qu’elle adorait cuisiner, elle a créé une page Facebook « traiteur de mets syriens Kanata », l’a présentée à des restaurants à Kanata, et a fait faire une bannière et des dépliants pour l’aider à positionner sur le marché sa nouvelle entreprise de traiteur. Shoq a obtenu son certificat de manipulation des denrées alimentaires et elle travaille aussi à temps plein comme cuisinière dans une garderie. Elle a récemment cuisiné pour 100 personnes lors d’une activité de levée de fonds pour une église. « Elle a adapté ses recettes aux gouts canadiens » dit Dre Fattal. 

Dre Fattal a été un mentor important pour Shoq. « Dre Fattal est une dame très gentille »  fait remarquer Shoq. Elle m’a encouragée à démarrer ma propre entreprise. C’est une bonne traductrice et elle m’emmène à mes rendez-vous et faire du magasinage. Elle est fantastique avec ma famille et a même emmené mes enfants le premier jour de l’école! » ils ont récemment visité une cabane à sucre ensemble et une ferme, ce qui a beaucoup plu au mari de Shoq qui était fermier en Syrie. 

Ça faut chaud au cœur de Dre Fattal de voir comment cette famille s’épanouit dans leur nouvelle vie. » « Je fait du bénévolat depuis 20 ans » dit Dre Fattal. « J’adore aider et organiser des collecte de fonds. Je reçois tellement en retour quand je vois les sourires sur les visages de cette famille. » 

« Maintenant on s’habitue à la vie au Canada » ajoute Shoq. « Je peux conduire et j’ai trouvé une nouvelle liberté, je peux aller où je veux. » le mari de Dre Fattal a appris à Shoq à conduire. Elles rigolent quand elles racontent que Shoq a eu son permis en anglais du premier coup alors que Dre Fattal ne l’a eu qu’au deuxième. 

Shoq est une femme très déterminée – avec trois emplois, étudiant l’anglais et quatre enfants. « Je suis très fière de sa détermination, particulièrement comme femme » remarque Dre Fattal. « Je sais qu’elle va réussir. » Le prochain grand objectif de la famille est d’acheter une maison.  

Dre Fattal est reconnaissante envers le programme des Ambassadeurs accueillants d’Ottawa parce qu’il permet le partage d’histoires positives et met en lumière pourquoi nous avons accueilli des nouveaux arrivants. « C’est merveilleux que notre Maire et que tous les bénévoles croient en l’importance d’accueillir les nouveaux arrivants et de donner de notre temps » souligne Dre Fattla. « Parce que nous avons donné de notre temps, les nouveaux arrivants s’intègrent bien et contribuent à l’avenir de ce pays. » 

 

Shoq se rappelle les nombreux défis qu’elle et sa famille ont surmontés. Elle n’oubliera jamais ces premiers mots du Dre Fattal à l’aéroport. Elle sait qu’elle a trouvé son chez elle mais aussi une bonne amie.